Cérémonie de mariage

Islam

12.01.09

A l’occasion d’un mariage


Qui ne rêve de marier son enfant, de lui offrir le plus beau mariage qui soit ? Comment faire et quoi faire pour que ce mariage soit une réussite ? C’est un grand jour dans la vie d’une personne. Elle va s’unir pour fonder son foyer.
Tous les parents se posent à chaque fois la même question et chaque nouveau ou nouvelle marié(e) a sa propre vision de la chose. Pour la célébration, la veille ou le jour J, lorsque nos invités sont réunis, la musique est-elle nécessaire ? Le blanc est-il essentiel ? Le costume européen est-il indispensable ? Est-ce que je peux porter ce voile ou cette couronne ? Le couple doit-il couper le gâteau dans la salle, faire l’échange des alliances ? Le nouveau marié doit-il embrasser la nouvelle mariée ? Eh oui ! Que de questions et on n’a pas toujours toutes les réponses surtout quand ces réponses ne sont pas celles qu’on voudrait avoir.

Il faut tenir compte des paramètres qui délimitent nos actions

Que faut-il garder en tête quand on marie son enfant ? D’abord son appartenance à la communauté musulmane Ahmadiyya — il faut tenir compte des paramètres qui délimitent nos actions. Pour cela, il est essentiel de tenir compte des traditions du Saint Prophète Mohammad(s.a.w) sur le mariage et d’accorder une attention particulière aux conseils et injonctions du Messie Promis(a s) et de son successeur actuel, Hazrat Mirza Masroor Ahmad (qu’Allah lui accorde Son aide puissante).
Prenons tout d’abord la musique : elle n’a pas été interdite mais le contenu ne doit pas être indécent ou inciter à la passion et à la débauche. Notre musique ne ressemble en rien aux dafs de l’époque du Saint Prophète Mohammad(s.a.w). Comment donc réconcilier tradition et modernité ? Il nous incombe de faire la part des choses et de ne pas oublier que tout excès et toute liberté peuvent avoir un effet contraire à l’effet désiré.

En Islam, il n’y a pas de couleur culte

Prenons à présent le choix des couleurs : il est un fait que beaucoup aiment le blanc mais est-ce par préférence pour cette couleur ou veut-on copier la culture chrétienne pour laquelle elle symbolise la virginité ? Si vous pensez que le blanc est indissociable de la mariée, alors sachez que vous êtes dans l’erreur. En Islam, il n’y a pas de couleur culte. Le Saint Prophète Mohammad(s.a.w) a interdit aux Musulmans d’imiter les coutumes des autres nations ; il va de soi que si pour le mariage le blanc est important pour la Chrétienne, le jaune pour l’Hindoue, tel n’est pas le cas pour une Musulmane. Il en est de même pour d’autres pratiques : par exemple, le port du voile et ses accessoires. En achetant une robe de mariée ‘à l’Européenne’, nous achetons tout ce qui va avec, c’est-à-dire, le concept d’un mariage chrétien. Mais il va sans dire que le Musulman sait que tout est une question d’intention et loin de faire un procès, cet article vise à aider nos frères et soeurs à mieux cerner les exigences d’un mariage musulman.
Qui parle de robe ne doit pas oublier l’aspect du purdah qui va avec. Une mariée doit aussi être dans les limites du purdah islamique, c’est-à-dire, le horni ou chaddar est de rigueur quel que soit le style de robe qu’elle adopte. La mariée, en fait toute Musulmane, doit s’habiller pour se couvrir et non pour souligner sa silhouette. Un horni approprié est d’une grande utilité pour se couvrir la tête et la poitrine.

Le baiser du marié à la mariée ne fait pas partie des rituels islamiques

Suivant toujours le principe du purdah, le baiser du marié à la mariée ne fait pas partie des rituels islamiques — le baiser étant un signe d’affection entre la femme et son époux et suppose un geste intime qu’il faut garder dans l’intimité du couple. Qui plus est, la pratique est courante parmi les nouveaux mariés chrétiens et donc par définition interdite aux Musulmans. Il y a aussi d’autres aspects qu’on emprunte à tort aux autres communautés, et qui vont à l’encontre du principe islamique du purdah — par exemple, accompagner un futur beau-frère ou gendre jusqu’à sa place d’honneur en lui tenant le bras ; ou bien une mariée qui s’avance au bras de son père ou de son frère. Dans le même souffle, passer une bague au doigt de la mariée ne symbolise rien car il n’y a que le nikah en bonne et due forme qui scelle un mariage.

De nos jours, filmer un mariage sur vidéo est devenu chose courante mais nous oublions souvent que nos invitées ont des droits, notamment le droit du purdah et l’enregistrement et la présence du caméraman empiètent sur l’intimité des invitées. Si nous tolérons la présence du marié dans une assemblée de femmes, toute présence masculine et étrangère doit être évitée; du moins pendant un lapse de temps suffisant pour que les invitées puissent prendre leurs dispositions. Honorer les invités est aussi un devoir sacré.

Le chawtari est une pratique hindoue

Il y a d’autres apports à la cérémonie du mariage qui sont empruntés à d’autres cultures — ouvrons ici une parenthèse pour parler du chawtari qui est une pratique hindoue alors que la célébration du walima est mentionnée dans les traditions, notammment le sunna, du Saint Prophète Mohammad(s.a.w).
Il n’est pas interdit de s’amuser sainement puisqu’un mariage est après tout un moment de réjouissances. C’est aussi un temps de réflexion. Il ne faut pas oublier que l’Islam, étant la religion du juste milieu, préconise la modération dans la joie et dans la tristesse, la modération dans les dépenses et la simplicité dans notre manière de vivre. Le Saint Prophète Mohammad(s.a.w) n’a-t-il pas dit : “La plus grande bénédiction accompagne un mariage qui suscite un minimum de soucis.”(Baihâqi)